Énergie & Écologie

Titre: Énergie & Écologie
Slogan: Remettre les idées dans le bon sens
Auteur: Marc Halévy
Éditions: Laurence Massaro éditions, 2018

Résumé officiel de « Énergie & Écologie »

On ne consomme jamais de l’énergie, on la transforme ! Il n’existe pas d’énergie renouvelable, seulement des gratuités très partielles et temporaires ! En physique et en thermodynamique, il n’y a jamais de miracles ! Pour produire, il faut détruire plus que l’on ne produit ! Le pétrole, dans cinquante ans, c’est fini ! Les éoliennes sont une arnaque colossale ! Il ne faut pas produire autrement, il faut consommer moins !

« Remettre les idées dans le bon sens »

– Marc Halévy – Énergie & Écologie –

Livre énergie et écologie de Marc Halévy posé sur une table en bois.
Énergie & Écologie – Slogan qui se veut logique, car tout ne tourne pas forcément rond !

Vous voulez en savoir plus ? Vous voulez connaître ce que les institutions en place veulent vous cacher ? Vous voulez comprendre les plus énormes escroqueries de notre temps ? Toutes les réponses sont dans ce petit livre. Pour enfin sortir des mensonges. Pour remettre la réalité au-dessus des idéologies.


Mes impressions sur « Énergie & Écologie »

Voici un petit essai sur l’utilisation des ressources et la production d’énergie de manière générale, par Marc Halévy, un scientifique ayant fait carrière dans le nucléaire français. Inutile de te dire que dans ce bouquin, le nucléaire est présenté comme la ressource d’avenir !

Si tu as évité le résumé officiel, je t’invite à remonter la page pour le lire, tant le ton est basé sur un fond de conspiration. Ça te permettra de mieux cerner mes propos par la suite, et ainsi de mieux deviner le registre de langue utilisé.

L’analyse par les chiffres…

Ce livre est lourd en chiffres et en explications techniques pour un non-scientifique, surtout au départ. Néanmoins il est intéressant de vulgariser certains concepts de transformation énergétique pour mieux cerner les enjeux sur la ressource et l’énergie. En bref, un rapide cours sur la thermodynamique ! La chaleur est une forme d’énergie, et elle est produite par transformation de la matière. Je devrais même dire par dégradation de la matière. Il rappelle l’impossibilité de générer plus d’énergie que ce que contient la matière initiale, soit le principe de rendement.

…que l’Homme manipule à sa guise

Il nous précise que l’Homme manipule les chiffres afin de faire apparaître financièrement intéressant ce qui ne l’est pas d’un point de vue de la ressource. L’énergie est maintenue artificiellement à bas prix alors qu’elle a beaucoup plus de valeur (et de coût !) ! En effet, selon les critères d’évaluation, une situation peu sembler bonne ou mauvaise. Dans ce cas précis de l’énergie, en produire à bas coût est une bonne situation d’un point de vue économique. Mais il rappelle à juste titre que d’un point de vue écologique et environnemental le bilan est loin d’être positif. Le modèle semble ainsi non pérenne car sans avenir, c’est-à-dire que nous allons dans le mur. Ou le gouffre, à toi de choisir la destination mais ça fera mal dans les deux cas.

Fashion World GIF by Canco - Find & Share on GIPHY
« Ne la détruit pas. »

« D’après mes calculs… »

Puisqu’on parle de manipulation de chiffres par l’Homme, l’auteur se lance (en restant bien premier degré, c’est peut-être ça le pire) dans la présentation de ses chiffres. Il expose ainsi les résultats d’une étude qu’il a mené sur l’utilisation des ressources de la planète par rapport à la population mondiale. Et la conclusion est qu’avec l’état actuel des stocks de la planète, seul 2 milliards d’humains pourraient survivre avec 50% des ressources que consomme actuellement un européen moyen.

Rien n’est dit sur le fait que ce 50% est peut-être déjà trop par personne pour survivre… Et au-delà de ce chiffre, la surpopulation comme problème fait que je pose mon véto éthique… Je pense plutôt que si on fait disparaître les 2 milliards d’humains les plus gros consommateurs, les 5,5 milliards restant pourraient vivre sans problème ! Il vient indirectement mettre en évidence le fait que les pays développés consomment trop de ressources. Il faudra donc revoir la copie à la baisse si on veut réduire les inégalités, ou tout simplement continuer à survivre.

« L’entreprise Terre est en faillite et épuise son capital un peu plus chaque année ».

– Marc Halévy – Énergie & Écologie –

J’aime bien cette citation ! Car c’est comme expliquer l’écologie à un capitaliste et elle fait écho à la nécessité d’aller vers un futur frugal. L’auteur est assez maladroit sur certains propos, mais l’idée globale de son livre est la promotion de la frugalité. Et c’est un bon discours si on défend le modèle de l’économie circulaire.


Le Taux de Retour Énergétique

Le rendement qu’il présente comme le plus réaliste pour la ressource est le TRE = Taux de Retour Énergétique (ou EROEI en Anglais). Je ne veux pas te bassiner, donc je vais faire de mon mieux pour l’expliquer sans être lourdingue.

Il s’agit simplement du ratio « quantité d’énergie utilisable / quantité d’énergie dépensée pour la produire ». Partons sur l’exemple de l’éolienne qui produit de l’électricité. Pour qu’une éolienne puisse produire de l’électricité, j’ai besoin de diverses choses. Il faut du béton armé pour les fondations ainsi que de l’acier, de l’électronique et des câbles électriques pour l’éolienne.

Mais on ne s’arrête pas là ! Car la production d’acier requiert de l’énergie (fours) et l’extraction de matières premières. Et il serait également pertinent de comptabiliser l’énergie utilisée pour produire l’usine d’acier et les extracteurs. Puis il faut penser à l’énergie utilisée pour la maintenance de l’éolienne. Et à celle pour son démantèlement en fin de vie, et caetera.

Confused Math GIF by CBC - Find & Share on GIPHY
« Donc si je prends le cosinus de la racine carrée de… »

TOUT ÇA pour dire que le TRE fait en sorte de calculer combien coûte la production globale de cette énergie. « Cette énergie » n’est autre que l’énergie récupérée du vent par l’éolienne sur l’ensemble de son utilisation.

Bien entendu on ne va pas attribuer 100% du coût de l’usine d’acier à une seule éolienne, mais on prend en compte la quantité d’acier utilisée pour une éolienne. On calcule enfin un quota pour savoir combien d’énergie est associée à cette production d’acier. Pour tous ces calculs, je suis moi-même largué donc on ne va pas aller plus loin ! On laisse faire les pros, hein !

Énergie et écologie, c’est bien beau, mais quelle est la conclusion ?

Ce calcul du TRE place l’hydroélectricité et le nucléaire comme les deux seules filières rentables pour produire de l’énergie. Les énergies renouvelables sont donc des « faux bons plans », et seule la fiscalité incitative leur permet de se développer. Mais paradoxalement il ne parle pas de la gestion des déchets radioactifs (temps de dégradation, coût de stockage, impact sur le vivant). C’est selon moi un élément à intégrer dans la partie « fin de vie » d’une centrale nucléaire. Tout comme l’éolienne a besoin d’entretien et produit des déchets, la centrale nucléaire se rénove et produit des déchets radioactifs. Un raccourci pris par l’auteur alors qu’il précise au début de son livre qu’il faut intégrer tout le cycle de vie pour être pertinent.

Oc Dam GIF - Find & Share on GIPHY
La puissance de Mère Nature

Tacle glissé sur l’éolien !

Pour finir il démonte (oui démonte) la filière éolienne, comme étant la nouvelle poule aux œufs d’or. Cette tendance profite à des industriels qui abusent des soutiens financiers de l’État français pour s’en mettre plein les poches sans se soucier de l’impact en fin de vie. Pour lui clairement, cette filière ne concilie pas énergie et écologie ! Comme si le nucléaire n’avait jamais bénéficié d’aides similaires pour son développement…

Ce passage du livre est plutôt rude et immature. Autant certains arguments font sens, autant d’autres discréditent l’ensemble de cette partie… Là je l’ai trouvé proche d’un oncle bourré qui se met à gueuler à table lors d’un repas de famille: on ne l’écoute plus vraiment et c’est même un peu embarrassant…

Greenpeace GIF - Find & Share on GIPHY
Greenpeace a un message à faire passer, semble-t-il…

Mais son point de vue sur les énergies renouvelables a une part de vérité indéniable. Certes, les infrastructures construites permettent de produire de l’électricité avec des ressources illimitées: soleil, air. Seulement toute infrastructure a une durée de vie limitée, un impact sur l’environnement et la consommation de ressources. Les filières donc en apparence eco-friendly et « illimitées » sont plafonnées par le simple fait que les installations vieillissent. Ainsi la maintenance va réduire progressivement le rendement annoncé pour la production d’énergie. Et ça ira jusqu’au point ultime où un démantèlement sera la seule issue, acte également consommateur d’énergie.

Je le rejoins sur le fait qu’il est donc important de privilégier celles qui sont le plus rentable vis-à-vis de la ressource (on revient au TRE). Mais une évaluation de l’impact environnemental est également primordial à intégrer au calcul selon moi, élément qu’il semble omettre pour défendre le nucléaire. La dimension renouvelable des matériaux utilisés vient compléter le tableau.


En conclusion

Un leitmotiv: frugalité énergétique

La frugalité énergétique est la solution à privilégier. Pour protéger notre planète, il faut consommer moins d’énergie. Tu peux d’ors et déjà adopter des écogestes, c’est simplement une question d’habitude ! Quelle que soit l’infrastructure déployée pour obtenir de l’énergie, elle implique un coût important en ressources sur l’ensemble de son cycle de vie. Ressources qui ont d’ailleurs, pour certaines, mis plusieurs milliers d’années à se constituer et qui ne se renouvelleront pas de sitôt.

Je ne vais pas élargir mon paragraphe à un débat sur le nucléaire, mais il est important de préciser ceci pour éviter de se flouter la vue: actuellement la France est dépendante du nucléaire (75% de l’électricité consommée sur le territoire provient de cette filière), stopper brutalement cette filière n’est pas pertinent car cela mettrait la France dans le noir pour des décennies. Il faut réaliser une transition et c’est ce qui a lieu à notre époque, pour la cadence en revanche je te laisse seul juge !

Un livre pour quel public ?

Ce livre est un essai, il est donc à la portée de tous. Plusieurs concepts techniques sont expliqués, eux aussi sont accessibles et il n’est pas nécessaire d’être un érudit pour comprendre les enjeux. Il est plutôt approprié à un public adulte, qui se pose des questions sur l’utilité des énergies renouvelables et leur lien avec l’environnement. Comme pour toute lecture, il est important d’avoir un point de vue critique sur les arguments mis en avant.

Laisser un commentaire